Communiqué du 21 avril 2010 Europsy : les mauvais procès du SNP

                        Communiqué du 21 avril 2010
                        Europsy : les mauvais procès du SNP

Le SNP vient, en date du 14 avril, de largement diffuser un communiqué intitulé : « La formation universitaire des psychologues ne doit s'inféoder à aucun organisme privé ! ». Ce communiqué, dont il est fait rappel ci-dessous, fait suite à la lettre que le Cofradec Europsy a adressé le 29 mars 2010 aux enseignants de psychologie des universités.


Il justifie un certain nombre de corrections et de commentaires.       

Comme le montre très bien la lettre écrite par le CoFraDeC EuroPsy aux présidents d’université, il n’est pas question dans cette démarche « d’inféoder » les cursus universitaires, mais de donner à ceux qui le souhaitent un label correspondant à certaines conditions qui sont précisées.L’EFPA (Fédération Européenne des Organisations de Psychologues) est certes une « organisation privée de droit belge », mais ce que ne dit pas le SNP, c’est qu’elle représente 250 000 psychologues en Europe sur environ 320 000, puisqu’elle a des organisations membres dans 35 pays. Le SNP a sans doute oublié qu’il a grandement participé du temps de l’ANOP à l’EFPA.

Il est exact que la FFPP ne représente qu’une partie des psychologues français. Et si l’on compare la France à ses voisins, on ne peut que constater qu’elle se caractérise par l’absence d’organisation représentative ce qui explique en partie la situation difficile de notre
profession. Et c’est ce qui a conduit le SNP dans un passé pas si lointain, à être le principal
artisan de la création de la FFPP. Il a malheureusement depuis cessé d’avoir cette politique de  rassemblement et multiplie les agressions des autres organisations, en particulier lorsqu’elles tentent d’œuvrer ensemble, sans se priver pour autant de leur donner des leçons de démocratie.
La FFPP de son côté cherche et continuera à chercher le rassemblement des psychologues français. C’est sa raison d’être, c’est la raison pour laquelle l’EFPA l’a choisie comme membre français et c’est pourquoi elle ne s’approprie pas toutes les prérogatives de la représentation et délègue des membres d’autres organisations dans des instances de l’EFPA.

C’est pourquoi elle s’est adressée à d’autres organisations pour constituer le CoFraDeC EuroPsy, dont le SNP, lequel a refusé d’y participer. C’est pourquoi la majorité des membres de ce comité ne sont pas membres de la FFPP. Il est faux de dire que « l’« accréditation EuroPsy » des cursus viendrait en parallèle de l’élaboration locale des maquettes de master, de l’accréditation AERES ainsi que de toute habilitation ministérielle nationale ou européenne ! » : l’accréditation EuroPsy suppose comme préalable l’habilitation ministérielle, laquelle se fait après évaluation par l’AERES qui ne fait pas d’accréditation. .

Il est faux de parler d’« une « certification » qui vise chaque étudiant et son parcours » : EuroPsy ne vise pas les étudiants, mais les psychologues possédant le titre, et chacun est libre de demander ou de ne pas demander EuroPsy.
Il est faux de dire que les candidats à EuroPsy paieront un « droit » : il s’agit de payer les frais de gestion du système. Sur ce point, le SNP prend une fois de plus les psychologues pour des naïfs : s’il s’agissait de payer pour un titre que l’on a déjà, les psychologues ne s’y laisseraient évidemment pas prendre.
Enfin, en insistant sur le caractère privé des organisations en jeu, le SNP, organisation privée de droit français, défend l’idée que la profession n’a rien à faire dans la formation et la
qualification professionnelle, position à l’inverse de ce qu’il prétend défendre par ailleurs. En
pointant que l’EFPA est une organisation de droit belge (puisque basée en Belgique), le SNP tombe d’une manière consternante dans l’appel à la xénophobie ordinaire.
La FFPP n’a aucune prétention à résoudre toutes les difficultés de la profession et de la formation, elle cherche à œuvrer en rassemblant et en collaborant avec les organisations qui
acceptent le débat sans faux procès ni désinformation. La profession a déjà suffisamment payé le prix de ses divisions pour mériter un abord plus construit de ses champs de réflexion
Face aux mensonges, erreurs, basses attaques et positions politiques incohérentes du SNP, la FFPP continuera de proposer aux universités et aux psychologues la certification EuroPsy. Nous verrons bien ce qu’en pensent les psychologues.
Regrettons une fois de plus qu’une organisation qui a dans le passé beaucoup fait pour
la profession, en soit arrivée à un point où l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire n’est
plus de mise dans les relations entre organisations de psychologues. La situation du SNP est- elle à ce point désespérée ?
        Brigitte Guinot et Benoît Schneider, coprésidents de la FFPP
        Claire Leconte, présidente de l’AEPU

rappel du communiqué du SNP, le 14 Avril 2010
COMMUNIQUÉ

La formation universitaire des psychologues ne doit s'inféoder à aucun organisme privé !
Les universitaires enseignants en psychologie reçoivent actuellement une lettre les invitant à
soumettre, de manière comparative, le cursus des études de psychologie à ce que ce courrier nomme « programme européen de référence » dont l’issue est, le cas échéant, la délivrance d’une « accréditation » par le CoFradec Europsy (Comité Français de Certification Europsy).
Cet autoproclamé « programme européen de référence » a été conçu par la Fédération européenne des associations de psychologues (acronyme anglais EFPA), organisation privée de droit belge dont le siège est à Bruxelles. La Fédération française des psychologues et de la psychologie (FFPP) dont émane le CoFradec EuroPsy est une association loi 1901, ne représentant qu’une fraction des psychologues français mais prétendant les représenter tous au sein de l'EFPA.
Sans forcément rejeter le système de normes professionnelles auquel les psychologues
européens réunis dans un organisme de statut privé réfléchissent, le SNP remarque qu’il s’agit d’une initiative totalement en marge de la directive européenne du 7 septembre 2005 sur les qualifications européennes : EuroPsy se présente comme étant d’intérêt public mais l’« accréditation EuroPsy » des cursus viendrait en parallèle de l’élaboration locale des maquettes de master, de l’accréditation AERES ainsi que de toute habilitation ministérielle nationale ou européenne !
L’autre versant de cette volonté de gestion de la formation et de la profession par l’EFPA-
EUROPSY est la mise en place d’une « certification » qui vise chaque étudiant et son
parcours. Au nom de celle-ci, chaque étudiant devrait se soumettre à une validation par le
Cofradec renouvelable tous les 5 ans. Il payerait alors un « droit » pour faire reconnaître un
titre qu’il a déjà ! Pourquoi promettre une libre circulation européenne qui existe déjà à
travers les commissions d’équivalence des diplômes étrangers et des accords entre les États ?
Cela revient à faire dépendre l’ensemble des universitaires, des étudiants et des praticiens de la psychologie d’un pseudo « pouvoir professionnel » de nature privée, et qui ne respecte
aucun des critères minimum de la démocratie (droits juridiques reconnus et garantis, principes de liberté, d’égalité, et élections représentatives). Les principes mis en œuvre sont simplement ceux de la loi du marché et de la mise en concurrence.
Le SNP exprime les plus grandes réserves sur un projet tendant à instaurer des normes
professionnelles de formation privées qui ne sont nullement nécessaires à l'insertion professionnelle des psychologues.

Jacques Borgy – Secrétaire général,

Patrick-Ange Raoult – Secrétaire de la Commission Université