Titre de psychothérapeute, complément à l’information d’avril 2011

La loi n’a absolument pas créé une nouvelle profession de psychothérapeute, comme Dominique Thouvenin, Docteur en droit, l’a précisé dans l’étude sur la profession de psychologue que le SNP lui avait commandé. Pour autant, Madame Thouvenin nous a aussi fait remarquer, lors des échanges que nous avons eus par la suite avec elle, que le titre de psychothérapeute étant maintenant protégé, il pourrait y avoir, à partir de cette loi, des attaques  contre ceux qui pratiqueraient la psychothérapie sans avoir le titre de psychothérapeute. C’est pour cela que le recours en Conseil d’Etat est particulièrement important et pour cela aussi  que, parallèlement,  nous avons continué d’essayer d’obtenir une circulaire (texte certes plus faible qu’un décret mais pas inutile comme B. Accoyer nous l’a confirmé) qui rappelle la légitimité des psychologues à pratiquer la psychothérapie nonobstant la loi sur l’usage du titre de psychothérapeute. Notre récente rencontre avec B. Accoyer nous a permis de continuer à développer cette argumentation indispensable : les psychologues sont légitimes à pratiquer la psychothérapie. Le communiqué que nous avons publié après cette audience et la copie de la lettre de Bernard Accoyer à Xavier Bertrand qui se trouvent aussi sur le site du SNP, explicitent clairement ce point. 

Nous avons aussi rappelé un certain principe de précaution car le syndicat professionnel qu’est le SNP a également pour mission de prévenir ses adhérents des conséquences que pourrait avoir la non-inscription sur la liste des psychothérapeutes et sur la limitation dans le temps de la « clause du grand-père ». Il n’était en effet pas question que des adhérents puissent ensuite nous  reprocher de ne pas les avoir prévenus, cela était de notre responsabilité. 

Nous avons, dans la liste des points qui pouvaient conduire à un certain principe de précaution cité les exigences d’ assureurs  en omettant de préciser qu’ il ne s’agit pas de ceux, marginaux, qui pourraient prendre en charge tout ou partie des honoraires du psychologue pour le compte du patient mais bien de ceux qui assurent le psychologue en responsabilité civile professionnelle et qui, pour certains, exigent pour couvrir la pratique de la psychothérapie que le psychologue apporte la preuve de son inscription sur la liste des psychothérapeutes.

La position du SNP peut ainsi paraître tenir de celle de l’équilibriste. Elle est pourtant nécessaire : le syndicat est, d’une part, engagé dans une position politique qu’il continue de tenir et, d’autre part, il prévient ses adhérents des nouvelles conditions d’une loi et de son décret qui sont, bel et bien, en vigueur, malgré notre opposition et le recours que nous avons déposé avec l’intention de le gagner, même si l’issue ne peut être connue d’avance.

Ce positionnement politique et réaliste du SNP, a été arrêté en BN et en CSN, pour faire face à une situation totalement paradoxale induite par ce décret qui revient à proposer au psychologue qui pratique la psychothérapie, s’il veut simplement dire qu’il est psychologue psychothérapeute, de refaire une formation qui est celle qu’il a déjà !

Le titre de psychologue nous suffit mais nous comprenons aussi que certains, s’appuyant sur le fait que la psychothérapie est incluse dans leur pratique de psychologue, souhaitent pouvoir se dire psychologue psychothérapeute comme d’autres se disent psychologue psychanalyste ou psychologue psychodramatiste, etc.

Nous savons, par ailleurs, et l’étude de Dominique Thouvenin nous l’a confirmé, que sans instance ordinale nous ne défendrons jamais complètement le titre de psychologue puisqu’il demeure seulement à demi protégé. Le témoignage de Rose-Marie Charest présidente de l’ordre professionnel des psychologues du Québec au sujet de l’adoption d’une loi sur les psychothérapeutes au Québec est d’ailleurs édifiant à ce sujet. Elle nous a expliqué comment, suite à un accord entre l’ordre des psychologues et les psychiatres, les autorisations d’exercice de la psychothérapie pour les ni-ni sont au Québec confiées à l’ordre des psychologues. 

Ce combat pour une instance ordinale est primordial et nous devons tout faire pour montrer tous les aspects positifs d’une telle instance et pour proposer la mise en place d’une organisation collégiale qui recueille les suffrages des collègues.