Comment la psychologie expérimentale française est-elle devenue cognitive ?

Introduction

Depuis le début de la décennie 1980, en France, un secteur entier de la psychologie française revendique son appartenance à la constellation des sciences cognitives. Cette intégration ne concerne pas toute « la » psychologie, considérée en tant que discipline académique, enseignée dans des unités de formation et de recherche (UFR) qui délivrent des diplômes de psychologie à l’issue d’au moins cinq années d’études. Si cette précision est d’emblée nécessaire, c’est que le point de vue institutionnel est le seul qui permette de conférer à la psychologie une quelconque unité, en dépit des proclamations de ceux qui, depuis la fameuse leçon inaugurale prononcée à la Sorbonne en 1947 par Daniel Lagache (1903-1972), publiée en 1949 et rééditée jusqu’en 1990, sous le titre L’Unité de la psychologie1, lui désignent un même objet, la conduite, étudié par des méthodes différentes mais complémentaires, la méthode expérimentale et la méthode clinique, la première étant propre à une orientation de la psychologie définie comme naturaliste et la seconde à une orientation de la psychologie définie comme humaniste.

La psychologie cognitive française est issue de la branche naturaliste de la psychologie, qui se nomme « expérimentale » ou « scientifique » ou encore « générale » et dont il est nécessaire, à présent, de rappeler en quelques mots les origines et l’histoire afin de tenter de comprendre par quelles voies et en fonction de quels enjeux institutionnels elle est devenue cognitive.

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