Transpédégouinehétéro ou la décroissance de la réflexion
Depuis quelques années, Paul Ariès se déguise en psychanalyste dans le journal « La décroissance ». Dans le cabinet du Docteur Foldingue défile toutes les plaies de la société. C'est souvent bien vu, un peu cliché sur le rapport à l'argent, mais assez drôle.
Dans la « Décroissance » de décembre-janvier 2009-2010, Ariès-Foldingue s'attaque au propre comme au figuré aux mouvements transgenres. Dans les propos de son patient qui se présente comme « Transpédégouinehétéro », qu'il caricature comme une personne agressive, revendicative, ultra-libérale et un peu simplette, le journal de la Décroissance expose en toute simplicité volontaire sa vision des mœurs.
Une couche de psychanalyse que n'aurait pas renié les « soigneurs d'invertis » des années 50,
« D'ailleurs cette notion d'altérité me terrifie, elle provoque en moi une souffrance insupportable: elle ouvre ma blessure narcissique. Elle atteint à mon sentiment de toute puissance. Pour nous, seul le déni de la différence peut permettre une réelle égalité»
un détour par la pédophilie pour l'amalgame,
«Confondre indifférenciation et émancipation, c'était le péché mignon d'une certaine gauche. Rappelez-vous ces personnes dans les années quatre-vingt qui nous expliquaient que refuser aux enfants « consentants » l'accès à la sexualité avec des adultes ne pouvaient être que le fait d'esprits fascisants. »
une rasade de sarko-libéralisme
Nous ne sommes pas mis au ban de la parole publique comme les objecteurs de croissance. Au contraire, nos idées progressent, y compris grâce à la droite néo-libérale de Nicolas Sarkozy. Pour eux, tout est marchandise. Voilà qui s'accommode parfaitement avec nos perspectives queer. Nadine Morano est notre prophète, comme Caroline Fourest. Le corps est une entreprise privée qu'on peut faire fructifier, par exemple en louant son ventre pour une grossesse. Seule la responsabilité individuelle compte, la responsabilité sociale est une entrave à la liberté des personnes... Avec Michel Onfray, nous nous accommodons très bien du capitalisme. L'important pour nous est d'exacerber les revendications des minorités. La société n'est pas un corps mais une juxtaposition de tribus... »
Trois pages avant, Paul Ariès -sous son vrai nom cette fois et en prenant son air sérieux- fantasme sur la sexualité des français et nous alerte sur la « folie de la performance sexuelle ». « Les sexologues constatent chaque jour les ravages de cet impératif chez les hommes qui doivent assurer face à des femmes qui exigent des orgasmes à répétition, ou chez des femmes qui se croient obligées de crier leur jouissance comme dans les films pornographiques au mépris de leur propre ressenti.
Avec une petite touche social-ethnologique pour finir : Ne nous trompons : les femmes des milieux populaires sont là encore les premières victimes car celles plus aisées, plus armées intellectuellement sont plus à même de (faire) respecter leur propre désir.
Ah, ces gens qui ne jurent que par la télévision et par ce qu'ils voient dans les films sans discernements ! Ah, ces bataillons de sexologues submergés par tout ces individus qui voudraient être comme les nouveaux étalons du sexe ! ha, ces classes dangereuses, pauvres, violentes et pornographes maintenant !
Si maintenant, Le journal de la décroissance nous fait sa leçon de chose mode réac, j'irais sauver la planète avec Valeurs Actuelles...
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